Vielle histoire de village

Le travail à la Ferme

L’hiver est bien là. Il fait froid ! Tout le bétail est rentré à l’étable.    Le samedi matin est consacré aux soins des animaux.  Du foin est donné aux vaches qui mangent celui-ci dans le râtelier.  Le craquement du fourrage dans leurs mâchoires résonne.  Les ballots de paille sont lancés du fenil par une petite trappe.  Avec papa, je les étends dans le rang des petits veaux.  A l’aide de nos fourches, nous secouons vigoureusement la paille pour en faire une belle litière.  Les petits veaux courent partout ; ils sont contents et le font savoir.  Les tourteaux sont donnés aux vaches qui profitent de ce petit complément pour fournir du lait en suffisance. 

Midi arrive, c’est l’heure du repas.  Le samedi, c’est le jour des crêpes.  Maman en prépare à la volée, nous sommes six autour de la table.  Autant dire que le travail à l’extérieur ouvre l’appétit. Papa qui se lève à l’aurore prend toujours le temps de faire une petite sieste après le diner.  C’est une tradition dans le monde agricole.  J’en profite pour jouer avec mes petits tracteurs.  Ce sont les seuls cadeaux que je demande à recevoir, rien d’autre ne m’intéresse.  J’ai eu la chance de recevoir à St Nicolas une ferme qui ressemble étrangement à la nôtre.  Mon parrain Jean-Louis l’a spécialement commandée pour moi.  Il connait mes préférences, étant lui-même agriculteur.  Il sait exactement ce qu’il faut demander à Saint-Nicolas.

Avec l’accord de maman, je me suis installé au grenier pour construire ma ferme.  J’ai de beaux gros tracteurs rangés dans un hangar fait par mes mains.  C’est une caisse en carton que j’ai décorée et qui convient en attendant d’autres investissements.  La ferme de mon Parrain est juste à côté.  Elle comprend un corps de logis, une étable pour les petits veaux et un grand silo tour qui conserve les récoltes.  Papa m’a construit une grande étable identique à la nôtre.  Elle est remplie de vaches.  J’en prends soins car je l’adore.  Autour de ma ferme, il y a les champs.  Pas d’hésitation, j’ai trouvé des clous dans l’atelier que j’ai planté dans le plancher.  De la laine trouvée dans une armoire de maman fait effet de fil pour clôture.  Ma petite ferme est belle et grande, j’en suis rudement fier.

L’heure du travail a recommencé.  Avec papa et mon grand-père Félicien, nous allons « djèter » « l’étable des onze ».  C’est comme cela qu’on appelle l’étable où onze petits veaux résident.  Nous emmenons nos brouettes pour ramasser le fumier.  Je remplis la mienne difficilement, le fumier est lourd pour un jeune garçon comme moi.  Malgré tout, j’y arrive avec l’aide de papa qui la remplit de quelques fourchées supplémentaires.  Voici le moment que j’adore : je démarre mon tracteur à coups de « vroum, broum, crrrr » et autres bruitages qui ressemblent un temps soit peu au gros tracteur de ma petite ferme. C’est parti en direction du tas de fumier.  Il est là ; pas loin de moi.  Je prends mon élan et lance ma brouette le plus haut possible.  La brouette vidée, je retourne à l’étable en redoublant d’intensité, mon moteur a « les gaz à fond ».

Parrain Félicien intervient :

-Quand on travaille, on ne joue pas.  Ce n’est pas le moment.

Mon papa :

-Laisse un peu le gamin, il peut jouer et travailler en même temps.  Tu vois bien que ça l’amuse.

Mon grand-père est perplexe mais il me laisse faire.  Moi, je suis super fier.  Non seulement, je ne suis pas obligé de mettre mon tracteur au garage mais mon papa m’a défendu devant parrain.  Je suis le plus fort du monde grâce à mon papa.

Mon grand-père est un homme sérieux ; on ne rigole pas avec le travail !

Delfosse Emmanuël

Les gîtes de la Ferme du Pré Charmant

 

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